Des Alpes à Hallstatt et autres lacs du Salzkammergut

Des Alpes à Hallstatt et autres lacs du Salzkammergut

Krimml : entre chutes d’eau et sommets alpins


Réveil ce matin en compagnie d’un troupeau de vaches si curieuses qu’il nous est impossible d’avaler un petit déjeuner tranquille avant de prendre la route. On pensait avoir franchi le col de Gerlos la veille, mais on grimpe 4 kilomètres de plus pour finir à 1628m d’altitude. Comme quoi, il existe des produits allemands qui ne sont pas fiables ! On apprécie la grande descente une fois le col passé avec de nombreux points de vue sur la vallée et les chutes de Krimml (380m). On passe notre journée à marcher le long de ces dernières, réparties en trois chutes principales. On finit sur un plateau alpin au-delà des chutes, s’ouvrant devant une chaîne montagneuse de quelques sommets à plus de 3000 mètres. L’occasion de faire une pause repas dans un des refuges en se goinfrant de « kaspressknödel » (soupe au fromage) et de « buttermilch » (lait crémeux au goût assez fort). On redescend par un ancien chemin de commerce celte de plus de 2000 ans, s’enfonçant dans les bois sans perdre de vue les chutes de Krimml, jusqu’à l’entrée du parc naturel.

D0094 (4)-33Quelques copines se sont invitées au petit déjeuner

D0094 (98)-49Petite collation au milieu des Alpes

D0094 (41)-39Vue sur une partie des chutes et la vallée en contre-bas

D0094 (78)-46Notre nouvelle vie est un long fleuve tranquille

Zéro degré en plein mois de juillet !


On continue à avancer dans cette vallée très roulante et toujours avec des infrastructures pour cyclistes de qualité. Le paysage est toujours aussi grandiose, le beau temps est enfin de la partie et on apprécie pleinement le fait de pédaler dans un tel environnement. On bifurque ensuite plein nord pour rejoindre Pfarrwerfen pour visiter les grottes de glace (« Eisriesenwelt ») de Werfen le lendemain. Cette grande galerie souterraine fait 42 kilomètres de long mais seul le premier kilomètre est ouvert au public. C’est dans cette portion que l’on trouve le plus de glace, le vent refroidissant les parois ne parvenant que très difficilement au-delà. Certaines colonnes de glace sont impressionnantes, prenant la forme que notre imagination veut bien lui donner. Dans cette grotte découverte en 1870, la température ambiante est de zéro degré, alors qu’à l’extérieur le mercure monte à plus de 40 degrés ! On en profite pour se reposer un temps à l’ombre en attendant que le soleil baisse un peu. Il fait toujours chaud mais une fois sur le vélo, le vent relatif nous raffraîchit un peu. On approche de Salzbourg, mais nous faisons un énième détour pour visiter les alentours avant de retrouver une grande ville.

D0095 (2)-58Notre carburant autrichien !

D0097 (22)-64Toujours prendre le temps de contempler

D0097 (41)-68Vue sur la vallée et Werfen

D0097 (13)-63En avant pour la pénombre de la grotte de glace

Retour à Salzbourg après un passage éclair en Allemagne


On se trouve encore un bon plan pour éviter les grosses chaleurs qui viennent de s’abattre sur l’Autriche depuis quelques jours. Direction Bad Dürnberg pour visiter les anciennes mines de sel de Hallein, les plus grandes et plus anciennes mines d’Autriche. 30 degrés en fin de matinée à l’extérieur, 10 degrés sous terre, c’est une bonne chose. Ces mines se trouvent au deux tiers sous les terres bavaroises, en Allemagne ! On passera donc la frontière par deux fois pendant la visite. On vous rassure : Gökben n’a eu aucun problème de visa !

En arrivant à Salzbourg, on visite la brasserie Stiegl (plus grande brasserie privée d’Autriche) dans la journée et y restons un moment pour décompresser, attendre que notre hôte Couchsurfing soit disponible et échapper aux trombes d’eau qui tombe depuis que l’on est arrivé en ville. On rencontre par la suite Clemens, notre hôte, qui nous emmène aussitôt … dans une brasserie de moines augustins ! On sympathise et on passe la soirée à boire et discuter de voyages, de vélo et des langues germaniques.

On passe les deux jours suivants à Salzbourg également, le temps étant toujours pluvieux. Visites tranquilles de la forteresse au sommet du Mönchberg, du musée Mozart, situé dans la maison où le virtuose est né, et ballade en haut du Unterberg (où l’on rencontre deux Népalais travaillant dans un des refuges), montagne dominant la ville classée au patrimoine mondial culturel de l’humanité. On se rend également au château Hellbrun, fameux pour ses jeux de fontaines à eaux; assez ingénieux et amusant pour des installations qui ont plus de 400 ans.

D0098 (18)-72Passage de frontière souterraine !

D0098 (81)-79Avec Clemens, notre hôte CS à Salzbourg

D0098 (69)-75Récompense bien méritée !

D0100 (66)-82Une compatriote !

Le Salzkammergut et ses lacs alpins : Wolfgang, Hallstatt et Gmunden


On quitte finalement Salzbourg sous la pluie. Il est temps de partir en espérant une météo plus clémente bien que les prévisions soient pessimistes. La chance nous sourit malgré tout et le soleil refait son apparition. Le moral aussi, rayonne à nouveau. Nous voici dans le Salzkammergut, une région où les lacs alpins se succèdent … et où les pauses s’accumulent afin de se prélasser au soleil et se baigner ! Du lac Wolfgangsee que l’on longe, nous roulons en direction de Hallstatt. Le nom de ce village nous semble familier, nous ne sommes pas sûrs de ce que l’on y découvrira mais c’est une bonne raison pour nous de s’y rendre ! On rencontre en chemin Peter, un Austro-Polonais qui vit au bord du lac depuis plus de trente ans. Avec son petit chien et sa bicyclette, il nous guide le long du lac afin de nous trouver un petit coin sympa où camper, puis nous passons du temps ensemble à discuter de nos parcours respectifs autour d’un café.

Le lendemain, nous arrivons à Hallstatt, petit village de charme coincé entre montagne et lac. On met du temps à réaliser que l’on est toujours en Autriche avec tous les touristes asiatiques, majoritairement chinois, qui arpentent les rues de la petite ville : en effet, une réplique du village d’Hallstatt existe près de Guangdong mais ce dernier se rapproche plus du parc d’attractions que du village pittoresque autrichien. On visite le « Benhaus » (sanctuaire charnel) où s’accumulent crânes et os déterrés du cimetière et peints par des artistes : ici, on vide le cimetière tous les quinze ans environ, les dépouilles exhumées sont alors entreposées dans cette petite chapelle. On trouve d’ailleurs le crâne du dernier pensionnaire, déterré en 1995. On admire par la suite le lac et le village depuis la plateforme surplombant le site UNESCO. Un nouveau défi pour Nicolas et sa peur récente du vide, au grand plaisir de Gökben qui s’en amuse.

Après un bref arrêt à Bad Ischl (Gökben ayant été mordue par une tique, on profite d’être en ville pour faire contrôler tout ça, en plus de s’offrir un petit déjeuner dans une fameuse patisserie autrichienne, « Zauner Bäckerei », en guise de cadeau de convalescence), on continue notre route vers un nouveau lac, celui de Gmundensee. On profite encore une fois des températures estivales pour se baigner à Traunkirchen, joli petit village sur la rive ouest du lac. Malheureusement, l’été 2014 n’est pas des plus agréables et un nouvel orage, dont on pressentait l’arrivée depuis un moment autour du lac, éclate une fois arrivés à Gmunden.

D0102 (21)-93Avec Peter au bord du lac d’Hallstatt

D0103 (71)-FOWDu haut de la plateforme surplombant Hallstatt

D0103 (18)-100Vue sur Hallstatt

D0103 (29)-101Le sanctuaire charnel « Benhaus »

Visite du mémorial de Mauthausen avant d’entrer en République Tchèque


Après un bivouac à l’orée des bois et un petit déjeuner en compagnie de daims s’amusant dans le champ en face de nous, on roule tout doucement vers la République Tchèque, notre prochain pays. Mais avant cela, nous programmons encore quelques arrêts où nous voudrions passer du temps. Première destination, Sankt Florian et son abbaye, où Gökben voudrait en savoir plus sur Eugène de Savoie, celui qui a renversé les Ottomans aux portes de Vienne puis quelques années plus tard en Serbie. L’Histoire ici commence à nous intéresser plus particulièrement, avec notamment la confrontation qui opposait les deux plus grands empires de ces derniers siècles.

Par la suite, nous nous rendons à Mauthausen, près de Linz. Un des camps de concentration (puis d’extermination) les plus terribles durant la Seconde Guerre Mondiale, a été reconverti en mémorial. Une étudiante autrichienne nous fait une visite introductive à l’extérieur de l’enceinte, dépeignant ce qu’était la situation germano-autrichienne et la construction du camp et l’Anchluss. Nous visitons une partie du camp et ses barraques, les fours crématoires, les chambres à gaz. Il y a ici beaucoup de choses à voir, à lire, à écouter, et beaucoup de choses sur lesquelles réfléchir, Une journée ici n’aura pas suffi. On a du mal à comprendre et réaliser ce qui s’est passé ici et ailleurs, c’est sans doute au-delà de l’entendement. Mais cela fait aussi partie du « devoir de mémoire » que les Autrichiens eux-mêmes ont renié jusque dans les années 90.

On rejoint ensuite Freistadt, à une vingtaine de kilomètres de la frontière tchèque. On décide de s’arrêter dans un camping, il est temps pour nous de prendre une bonne douche chaude après une dizaine de jours à se baigner dans lacs et rivières. On y fait la rencontre de Lukas, un cycliste polonais qui visitera l’Autriche à vélo pendant une dizaines de jours. On échange expérience et conseils sur les régions que chacun a parcouru. Nous ne faisons que nous croiser, mais c’est agréable de rencontrer d’autres cyclo-voyageurs et cela nous galvanise quant à commencer à rouler dans un nouveau pays, avec une nouvelle langue et une tout autre culture. République Tchèque, nous voilà !

Les Alpes autrichiennes, entre cols et Tyrol

Les Alpes autrichiennes, entre cols et Tyrol

Un col à 2000 mètres d’altitude pour cadeau d’anniversaire


Après avoir bivouaqué à seulement cinq kilomètres de la frontière, nous entrons dans notre troisième pays, l’Autriche, sous un temps maussade et sur une route encombrée. Première chose qui nous frappe : aucun drapeau autrichien ne flotte nul part, alors qu’en Suisse, on en trouvait à toutes les fenêtres, sur toutes les voitures. On attendra un peu avant d’accrocher notre nouveau trophée. En effet, on n’emporte très peu de souvenirs des pays que l’on traverse, mais les drapeaux et les cartes postales sont des choses que l’on n’oublie jamais de mettre dans nos sacoches, et en plus, ça ne pèse rien et ne prend pas de place.

Arrivés à Bludenz, la « porte des Alpes », entourée de massifs montagneux alpins, on tombe nez à nez avec … la chocolaterie Milka ! On s’arrête illico pour faire une razzia de chocolats à prix réduit. Le temps tourne au vinaigre, on se dépêche de trouver un camping, malheureusement encore plus cher qu’en Suisse ! Le lendemain sera un jour de pluie incessante, on décide donc de rester en ville pour se reposer car un col à plus de 2000 m nous attend par la suite.

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Une aubaine pour la vache Milka …

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Voilà à quoi carburent les cyclo-touristes !

Direction Silvretta ! Nicolas, pour son anniversaire, rêve de grimper le col du même nom, à 2036 m, pour fêter le passage de la trentaine comme il se doit. Gökben appréhende un peu l’idée de devoir grimper autant (Bludenz se situe à 500 m d’altitude), mais le fait de se perdre en montagne l’aide à la convaincre. Un crachin nous accompagne toute la journée, bien que l’on aperçoive parfois le bleu du ciel au loin, mais une fois de plus, le moral est au beau fixe, cet état d’esprit nous donne le sentiment que rien ne peut nous arriver et que tout est possible. Les premiers kilomètres se font sur une pente ascendante assez douce, mais ça grimpe sec par la suite, avec un dénivelé de 1000 m sur une dizaine de kilomètres. On en bave tous les deux, mais personne ne pousse. On s’arrête finalement autour de 1700 m d’altitude et bivouaquons près d’une cascade, se gardant la partie en lacets la plus difficile pour le lendemain. Et si en plus on peut avoir du beau temps en arrivant au sommet, tant mieux. Car avec un ciel chargé de nuages et de pluie et 15°C au thermomètre, on se croit plus au mois d’avril qu’à la mi-juillet, alors qu’à seulement 600 km au Nord, en République Tchèque, des records de chaleur sont battus …

Ce samedi 12 juillet, on fête donc l’anniversaire de Nicolas, après la fameuse trentaine de lacets laissée la veille et le col Bielerhöhe vaincu ! La chance nous sourit puisque le temps s’est dégagé et qu’un soleil radieux brille au-dessus du barrage de Silvretta. On s’offre un repas au self-service pour fêter ça : Wiener Schnitzel, Apfelstrudel et Topfenstrudel accompagnés d’une bonne bière, le luxe ! Gökben surprendra Nicolas en lui montrant les photos de ses proches lui souhaitant un joyeux trentième anniversaire, qu’elle avait préparée en douce avant et pendant le voyage, ainsi qu’une liste de 30 actions à effectuer avant le prochain anniversaire. On se fait ensuite plaisir dans les 52 km (!) de descente qui suivent le col, battant notre record de vitesse avec le (petit) 77 km/h de Gökben. Autant dire que l’on avale les kilomètres plus rapidement que la veille !

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Seuls en pleine montagne

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Joyeux anniversaire !

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Et le plus dur est à venir …

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C’est tout aussi beau de l’autre côté du col …

Accueil très matinal dans le Tyrol et nouveau col alpin


Nous voilà en plein Tyrol, en direction d’Innsbruck. On rejoint la piste cyclable Landeck-Innsbruck, et comme en Suisse, les infrastructures cyclistes en Autriche sont de qualité : chemins asphaltés, panneaux de signalisation, pancartes touristiques, aires de repos, tout est fait pour rendre le trajet agréable et sûr. On s’arrête à 20 km d’Innsbruck dans un petit camping à Pettnau lorsque la pluie reprend. On assistera à la finale de la Coupe de Monde de Football avec les Allemands et les Hollandais qui occupent principalement ce camping, dans une ambiance décontractée. Le lendemain, on passe le cap des 3000 km; quand on pense que l’on est en Autriche et que certains cyclo-touristes rencontrés précédemment en ont fait autant pour rejoindre Istanbul en Turquie, on se dit que le rythme et l’itinéraire ne sont définitivement pas les mêmes. Mais c’est ce qui est intéressant avec le voyage à vélo et la liberté qu’il procure : il y a autant de voyages différents que de cyclo-touristes sur la route, et chaque expérience est d’une richesse incroyable. On passe l’après-midi dans la capitale du Tyrol, à errer dans les rues de la vieille ville et de ses maisons du XVe et XVIe siècles.

Le lendemain matin, réveil surprise à … 6h30 ! Alors que l’on campait non loin des berges de l’Inn, on a mis un certain temps avant de réaliser que ce bruit de tracteur ne faisait pas partie de nos rêves, mais que celui-ci était déjà planté à moins de dix mètres de la tente ! Deux bonhommes travaillant pour une entreprise de construction sont là pour charger leur camion de limon, et bien entendu, on a décidé de bivouaquer sur ce qu’on considérait comme un lieu de bivouac tranquille à l’orée des bois avec vue sur la rivière. Les deux ouvriers sont surpris de nous trouver là mais ne veulent pas nous déranger trop longtemps. On décide tout de même de lever le camp et on prend la route avant 8h ! On roule jusqu’à Zim an Zeller où l’on s’attaque à monter un nouveau col, le GerlosPass, à environ 1600 m d’altitude. Une nouvelle fois, nous avons un dénivelé positif de 1000 m à grimper sur 20 km. La pluie nous tombe dessus peu avant le col alors que le soleil tapait fort toute la journée. Une fois de plus, nous bivouaquons à l’entrée d’un parc national où nous trouvons un emplacement dans les bois d’où seules les vaches paissant dans le pré voisin nous débusquent en nous rendant visite au petit matin. Le col de Gerlos n’est plus très loin, et d’après la carte routière, c’est la dernière grosse difficulté avant un moment …

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Vue sur la vallée de Zim an Zeller

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Réveil matinal en bonne compagnie

L’Autriche à travers nos yeux

L’Autriche à travers nos yeux

09

JUILLET 2014

 

J+87 – Km 2.828
Autriche

Notre traversée d’un mois en Autriche, du Tyrol à Salzbourg en passant le long des vallées alpines, en direction de la République Tchèque, puis notre petit crochet par Vienne de retour de Slovaquie.

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