Český Krumlov : les chasseurs chassent les grenouilles !

On décide de passer la frontière entre Autriche et République Tchèque malgré le mauvais temps qui s’est installé : brouillard, pluie et rafales de vent. Le moral chute de plus rapidement avec les collines à grimper. On prend les choses sereinement puisqu’on s’arrête dans un café-pâtisserie pendant plus de trois heures, se réchauffant à coups de thés et cafés et en espérant que la météo s’améliore. Malheureusement pour nous, la météo reste la même. Qu’à cela ne tienne, on reprend la route puis passons la frontière déserte.

 

Sans le sou à l’heure du repas !


Quelques kilomètres après la frontière, on arrive dans un petit village frontalier dont seul un petit restaurant est ouvert. Dès qu’il s’agit de nourriture, cela suffit à illuminer notre journée ! On pose les vélos et nous débarquons dans la petite brasserie où sont attablés quelques cyclistes. Bien que notre porte-monnaie soit quasiment vide, on reste confiant et demandons confirmation auprès d’une des serveuses s’il est possible de payer par carte bancaire. Premier problème : c’est notre premier jour en République Tchèque (on ne connaît littéralement pas un mot en tchèque) et personne ne parle anglais dans l’auberge. Second problème, la carte n’est finalement pas acceptée et il n’y a pas de banque à moins de vingt kilomètres (et encore, personne n’en est sûr). Il est 15h passées, le temps est toujours aussi maussade et on a vraiment envie de se faire plaisir en mangeant local plutôt que des pâtes. Ça paraît mal parti …

Gökben disparaît alors du restaurant pendant une dizaine de minutes, puis revient fièrement … avec un billet de 100€ ! A-t-elle fait la manche ? Vendue son corps (ou le mien sans mon consentement) ?! Rien de tout ça, elle s’est souvenue de ce présent fait par ses anciens collègues juste avant de quitter la Turquie et avec lequel on voyageait, ce dernier planqué au fond des sacoches ! On s’assure qu’il accepte cette devise étrangère et profitons alors d’un bon repas et d’une bonne bière auxquelles on ne croyait plus !

 

Sage rencontre à Český Krumlov


On rejoint la ville de Český Krumlov le lendemain, après une pluie incessante et une route Eurovelo 7 à l’asphalte défoncée et sur laquelle se succèdent des pentes aux dénivelés positifs puis négatifs à deux chiffres.

On visite le centre historique, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO : théâtre du château, tour de ce dernier avec vue sur cette petite ville de 12000 habitants, et visite guidée avec Ondřej, le « sage » guide ayant lancé des visites guidées gratuites de Český Krumlov et fonctionnant sur la base des pourboires. Une visite sympathique et réussie, mêlant Histoire, histoires et anecdotes passionnantes (origine des bières au goût fumé, démence dans la famille propriétaire du château et meurtre qui s’ensuit et histoire de l’architecture et des trompe-l’oeil spécifiques à la ville) tout cela grâce à la connaissance sans faille d’Ondřej de par sa thèse sur l’histoire de la ville. Après la visite, on discute avec Ondřej qui nous donne quelques conseils sur le sud du pays pour notre voyage à vélo, étant lui-même un adepte des sorties sur deux-roues.

 

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Vue sur Český Krumlov

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Dégustation d’un Trdelník

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Vue sur Český Krumlov

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Invasion de grenouilles !

 

A la recherche d’un bivouac, la fleur au fusil …


En quittant Český Krumlov en fin d’après-midi après une ou deux tournées de cette fameuse bière au goût fumée (comme quoi, réutiliser les tonneaux de bière après l’incendie de la brasserie était une ide géniale !), nous roulons vers České Budějovice. Après quelques kilomètres le long de la rivière, notre route croise un camping bondé mais nous préférons de toute façon passer notre chemin afin de trouver un endroit plus authentique et tranquille pour se poser.

Après une sévère côte de quelques kilomètres traversant les bois, le sentier que l’on suit débouche sur quelques champs d’herbes hautes entourées par les bois. L’endroit paraît tranquille, les quelques maisons que l’on peut distinguer sont assez loin, on décide donc de bivouaquer ici. Le campement installé, on aperçoit alors un vieil homme remonter le sentier qui se trouve à quelques centaines de mètres de nous. Nicolas part alors à sa rencontre afin de se présenter et de s’assurer que l’on ne dérange pas. Barrière de la langue oblige, on a quelques difficultés à s’exprimer et s’expliquer, mais il n’en est rien pour lui : on comprend vite que nous ne sommes pas les bienvenus ici. et avec cet air déterminé et la façon dont il tient son fusil, il n’est pas la peine de discuter ! On comprend qu’il veut que l’on reparte d’où l’on vient, mais on a pas vraiment l’intention de retourner au camping comme il semble nous l’ordonner. Nous n’avons pas l’habitude de rebrousser chemin et rien que l’idée de devoir remonter cette petite route à 13% le lendemain nous pousse à trouver une autre solution alors que la nuit commence à tomber.

Alors que le vieil homme au fusil continue son chemin après s’être assuré que l’on ait commencé à rassembler nos affaires pour repartir, Nicolas décide de partir à la rencontre des habitants installés en contrebas. Personne ne se trouve dehors mais Nicolas aperçoit au travers d’une fenêtre une femme et un jeune homme s’affairer en cuisine. Le jeune adolescent qui parle un peu anglais vient alors à sa rencontre et lui propose finalement de planter la tente devant la grange afin d’y passer une nuit tranquille. Ouf ! On transporte notre barda jusqu’à la ferme et faisons connaissance avec nos hôtes : nous sommes accueillis par le jeune Tom, sa sœur jumelle Karolina et leurs parents. Ces derniers tiennent dans cette ferme familiale une petite boutique de fabrication de crêpes (palačinky) à emporter, qu’ils vendent également l’été le long de la rivière aux vacanciers estivaux. Ils rouvrent littéralement leur commerce pour nous et nous offrent crêpes et chocolats chauds durant la soirée que nous passons tous ensemble. Pendant nos discussions, on apprend que Katrina, l’aînée, part dans quelques mois en France pour effectuer son année de terminale dans un lycée … à Lorient, la ville natale de Nicolas ! Elle nous rejoint donc en cours de soirée pour nous rencontrer et échanger sur la vie et la ville à la française !

On revoit passer devant la ferme le fameux chasseur à qui nous avions eu affaire un peu plus tôt, nous fusillant littéralement du regard en nous voyant confortablement installés et en bonne compagnie. On aurait toutefois souhaité le remercier, car c’est un peu grâce à son accueil glacial que nous avons finalement fait une belle rencontre et passé une excellente soirée alors que cette dernière ne commençait pas sous les meilleurs auspices !

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Accueil tchèque et bouffe !

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La famille au complet

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