Du bassin au canal du Midi

On quitte le bassin d’Arcachon, non pas à deux mais à trois puisque le père de Nicolas nous accompagne pendant deux jours afin de rejoindre le canal de la Garonne. Le temps est capricieux, on retarde le départ pour ne pas essuyer les plus grosses averses prévues dans la matinée. On part finalement à l’heure de midi, le temps restant menaçant mais la pluie ayant cessé. La route est agréable, bien aménagée bien qu’un peu monotone, la voie verte suivant le tracé d’une ancienne voie de chemin de fer avec ses lignes droites parfois interminables. Première crevaison du voyage après 700 kilomètres pour Gökben : un gros fil de fer noyé dans un nid de poule aura raison de son pneu arrière. Elle oubliera également de relever sa béquille pour la première fois, après avoir fait la remarque à Nicolas qui l’oublie après chaque pause; celui-ci ne manquera pas de lui faire remarquer pour son plus grand plaisir. On campe finalement près de l’ancienne gare du Tuzan, sur un terrain municipal longeant la voie verte.

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L’expédition s’agrandit

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Première crevaison après 700 km

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Campement au Tuzan

Le lendemain, on se remet « en selle » pour rejoindre le canal de la Garonne. La route est toujours aussi monotone jusqu’à ce que l’on atteigne Bazas, où l’on parcourt 20 kilomètres vallonnés, entre belles descentes et pentes parfois raides à plus de 6%. Gökben inaugurera aussi sa première véritable chute, un pied encore accroché aux pédales automatiques lors d’un arrêt brusque. À notre arrivée à Loupiac de la Réole, près du canal, nous camperons chez des agriculteurs qui nous accueilleront dans leur jardin et qui nous offrirons des œufs frais pour la route. Claude, le père de Nicolas, a trop mal aux fessiers pour pouvoir continuer (un des avantages du vélo couché !). Le jour suivant donc, nous nous retrouvons juste tous les deux. Nous n’aimons pas les aux-revoir, ça se sent, se sait et se voit. Le moral est en berne, on va donc se changer les idées à la brocante qui se tient au village suivant, à 3 kilomètres du départ ! Nous attirons l’œil et discutons beaucoup avec commerçants et passants. On se verra même offrir pain de campagne et canelés pour nous donner du courage ! On s’arrête de nouveau à Marmande où se tient un concours hippique. On continue ensuite à rouler et le moral de tous deux tombe dans les chaussettes : nous rendons-nous compte que la famille nous manque ou nous manquera plus que ce que l’on pouvait prétendre ? On s’arrêtera le long du canal et nous changerons une nouvelle fois les idées en sympathisant avec un carpiste qui se pose près de nous pour sa pêche nocturne. Il aura fait trois belles prises, deux carpes et un poisson-chat d’une douzaine de kilos chacun. On en apprend plus sur les techniques de pêche et gardons tout cela en mémoire si le cœur nous dit de partir à la pêche pendant le voyage.

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Rencontres et cadeaux à la brocante

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Le canal de la Garonne

Le jour suivant, on est décidé à repartir du bon pied, alors on se donne du courage en rejoignant Agen et en se remplissant la panse de clafoutis, pruneaux et tariquet ! On fait également la connaissance de Gabie, un petit de bout de femme qui se surnomme « la bohémienne » de la Bohaie. Elle viendra jusqu’à nous retrouver en voiture sur notre lieu de bivouac, à 10 kilomètres de notre lieu de rencontre pour nous encourager dans notre voyage et nous aider dans notre projet !

On croise par la suite de plus en plus de cyclotouristes, il faut dire que les beaux jours se sont installés durablement et tout le monde en profite. Malheureusement, tous ne s’arrêtent pas mais on se fait tout de même inviter par deux couples en vacances le long du canal lors de notre passage dans les Alpes, entre Briançon et Gap. Affaire à suivre. On s’arrête le soir au bord du canal, à quelques dizaines de kilomètres de Toulouse afin de trouver un terrain où bivouaquer. On rencontre alors Cédric et Céline qui nous invitent à passer la nuit dans leur jardin. Le lendemain, nous sommes invités à prendre le café puis le déjeuner ensemble et nous décalons donc notre départ afin de pouvoir passer plus en temps avec ce jeune couple et leurs deux enfants qui rénovent une vieille bâtisse de 1820. Rencontrer des néo-ruraux depuis quelques temps déjà semble nous donner quelques idées de reconversion pour la suite … On reprend la route pour finalement rejoindre à Toulouse Paul et Sarah accompagnés de leur petite Clémentine, qui sourit exclusivement en réponse aux grimaces et bruits de zombies. On profite de quelques jours pour passer du temps tous ensemble. On se rend compte aussi que lors de nos pauses prolongées, nous sommes plus casaniers qu’à l’accoutumée, profitant du moindre petit confort que l’on peut nous apporter, étant à présent habitués à vivre 24h/24 à l’extérieur.

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Accueillis par Cédric, Céline et leurs enfants

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Les premiers 1000 km à l’entrée de Toulouse !

La suite des visites familiales et amicales reprendra son cours dans quelques jours avec des arrêts programmés à Montpellier, Aix-en-Provence et Toulon. Puis nous remonterons vers les Alpes pour atteindre la Suisse. Le plus dur reste à faire mais le tout est plaisant à vivre.

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