En route vers la Méditerranée

On quitte enfin Toulouse après un bon de repos de quatre jours et avoir emmagasiné du temps avec les amis, se remémorant bons souvenirs et planifiant nouvelles aventures. On repart de chez Paul et Sarah les sacoches pleines de bons produits du terroir à déguster. Cela fait toujours plaisir, même à Gökben qui doit porter les vivres ! En quittant la ville pour atteindre le canal du Midi, nous retrouvons de la famille en route, Benoît, le cousin de Nico vivant également à Toulouse. On finit par quitter Toulouse à 16h pour véritablement commencer à rouler ! On s’arrête le long du canal pour aller jeter un œil curieux et étonné à une longère dont des bus sortent des murs, une voiture plantée à 60 degrés dans le sol d’un côté, une farandole de bicyclettes de l’autre ! C’est « l’Île », une demeure dont Lilian est le propriétaire et dont le concept est axé sur les associations et le respect environnemental de par nos actions et les énergies utilisées.  Ambiance un peu hippie, on ne s’y sent pas forcément à l’aise malgré la sympathie des gens présents, alors on continue notre chemin. On plantera finalement la tente au bord du canal grâce à l’aide des éclusiers de Laval, peu avant Gardouch.

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On repart de Toulouse les sacoches pleines

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Autres voyageurs, autres moyens

Le lendemain, on traîne à regarder les bateaux passer l’écluse et à faire connaissance avec tout le monde. Nico en profite pour discuter avec l’éclusier de service et apprend que ce retraité est en fait un saisonnier. Le métier tend à disparaître mais il leur faut toujours du monde sur les double et triple écluses, dont des remplaçants pour ceux qui partent en vacances. Une nouvelle idée de reconversion en cas de retour en France ?

On se prend trois grandes ondées de pluie et de grêle cette même journée, contents d’avoir fait des folies la veille pour s’équiper en vestes légères et déperlantes pour supporter justement ce genre d’intempéries. La première arrive à point nommé à l’heure du déjeuner au cours duquel nous nous abritons tranquillement. La deuxième nous tombe dessus sur la route alors que nous discutons avec un autre éclusier saisonnier sur les alternatives au canal du Midi, qui depuis le passage dans l’Aude, n’est qu’un grossier chemin de halage non entretenu. On s’arrête finalement à Castelnaudary lors de la troisième averse car Nico a cassé deux rayons après un passage dans les nids de poule des chemins du canal. Après 1h30 de réparations sous la pluie puis le soleil, on roule encore un peu pour camper près du stade municipal d’un village voisin.

Voilà déjà un mois que nous sommes sur les routes de France et nous nous émerveillons chaque jour des paysages que nous traversons et des personnes que nous rencontrons. Le temps passe vite à vélo, on a moins de temps libre que l’on ne pensait, bien que nos journées de résument à trois mots : rouler, manger, dormir ! Nico adore cette sensation de liberté que procure le deux-roues, Gökben souhaiterait visiter un peu plus en faisant des haltes dans certaines villes plutôt que de ne rencontrer que des gens sur la route.

Qu’à cela ne tienne, nous ne roulons que 20 kilomètres aujourd’hui pour s’arrêter à Carcassonne la majeure partie de la journée, après une côte à 13% en montant à la citadelle afin de retrouver des camping-caristes rencontrés en chemin dans la matinée et qui nous garderons nos vélos le temps de notre visite de la ville : la cité médiévale, son musée de l’inquisition et sa basilique. Carcassonne nous fait penser au Mont-Saint-Michel lors de notre escapade à vélo couché d’août 2013 : une cité historique noire de monde, où tout se monnaye et qui laisse de moins en moins de place à l’authenticité.

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La ville fortifiée de Carcassonne

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Plus d’une flamme brûle en nous 😉

On quitte Carcassonne le lendemain pour rejoindre Montpellier au plus tôt. On croise tout juste en partant un couple franco-américain, Eva et Sean, sur le retour de leur tour de France culinaire à vélo, travaillant tous deux çà et là afin de connaître la cuisine que proposent nos différentes régions. Le midi, à Homps, on déjeune avec Anne et Laurent, de retour d’une année sabbatique pendant laquelle ils auront voyagé de Quito à Ushuaia en tandem. Ils sont d’ailleurs restés 3 semaines en Bolivie avec Fred et Ophélie, dont Nico suivait le blog « Partir Les Pieds Devant ». Viennent ensuite deux Britanniques, barmen à Bordeaux, qui roulent à vélo de Carcassonne à Béziers en deux jours. On campera à nouveau sur un terrain de football, sous les regards interrogateurs des joueurs à l’entraînement.

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Tour de France des saveurs pour ces deux cuistots

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Anne et Laurent, de retour d’Amérique du Sud

Le matin suivant, le réveil est difficile, sans doute à cause du réchaud que l’on n’a pas réussi à faire fonctionner la veille pour manger notre traditionnelle plâtrée de pâtes. Longue journée en perspective : on hésite à arriver à Montpellier dès ce soir, n’étant séparé que de 80km environ. On se requinque en buvant le thé après s’être fait inviter par Hasan, un cafetier turc qui aura repéré le drapeau de Gökben lors de notre passage à Berriac, près de Béziers. On attaque ensuite l’arrière-pays valloné entre Béziers et Montpellier, non sans voir pour la première fois la mer Méditerranée des hauteurs, pour finalement arriver chez Alizée, la sœur de Nicolas après 87 kilomètres dans la journée, record à battre.

Là encore, on profite de la famille pour se poser quelques jours, entre visite de Montpellier, farniente à Palavas-les-Flots et temps passé avec la petite sœur.

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Quelque part entre Béziers et Montpellier

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Le canal du Midi tire à sa fin

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